« Tu vaux mieux que tes colères. »

— Lucas “Sam le dragon”

Nous vivons dans une société où la colère est connotée négativement. Celle-ci y est mal vue et mal venue.

À travers l’histoire de Sam le Dragon, j’ai voulu mettre de la lumière et réconcilier chacune et chacun d’entre vous avec sa propre colère.

Un rêve qui se réalise…

Sam le dragon représente l’aboutissement d’un rêve pour moi; le rêve d’une petite fille qui a enfin décidé de se donner une chance et de suivre son cœur.

J’ai toujours aimé écrire ; petite, déjà, je composais des poèmes. En grandissant, l’envie m’est venue d’écrire un livre. Cependant, aucune de mes tentatives n’aboutit avant que je me sépare de mon ex-mari, après 25 ans de vie commune.

Il me manquait alors la confiance en moi qui m’aurait donné la motivation et l’inspiration nécessaires pour mener à bien ce projet. En effet, je souffrais du syndrome de l’imposteur, doublé de perfectionnisme, me trouvant tour à tour ‘trop’ ou ‘pas assez’, ce qui aboutissait à une procrastination chronique et à une dévalorisation constante.

L’idée de Sam le dragon m’était venue bien plus tôt, alors que mes enfants étaient encore petits. J’avais alors eu l’idée de leur écrire chacun un conte, comme cadeau de Noël. J’avais déjà choisi l’animal censé les personnifier ainsi que leur nom: le diminutif du prénom de mes enfants.

Cependant, celui-ci n’a commencé à prendre forme qu’après notre séparation. Il me fallut encore plusieurs années, et bien des efforts après cela, pour en arriver à sa publication.

Où la réalité rejoint la fiction…

Comme tout auteur, je suis attachée aux personnages de mon histoire, d’autant plus que chacun illustre une facette de ma personnalité, du moins celle, qu’inconsciemment, j’offrais au monde:

Sam représente la manière dont je gérais mes émotions, ou plus exactement, dont je ne les gérais pas, me laissant submerger par ces vagues incontrôlables qui tiraient leur puissance des trop nombreuses fois où j’avais préféré me sacrifier ou me taire, tolérant l’irrespect et m’abandonnant, par peur de dire ma vérité et poser mes limites.

Son isolement symbolise la solitude que j’ai expérimentée dans mon couple, d’une part, du fait des absences de mon ex-mari liées au travail et de notre progressive déconnexion émotionnelle, et d’autre part, de celle expérimentée en tant que personne intuitive et hyper sensible, où mes émotions et ressentis étaient rarement validés.

Enfin, Sam incarne ma joie de vivre et ma foi en la vie, l’enfant en moi qui aimerait que tout le monde s’entende bien, ainsi que ma connexion à la nature: seul endroit où je pouvais oublier tous mes chagrins et apprécier le moment présent en observant sa beauté; et par extension, ma connexion à Dieu, ce génie créateur, m’amenant à la réalisation que je fais partie d’un plus grand Tout.

Sam

Lucas

Lucas représente mes connaissances musicales ainsi que mon côté thérapeute et coach en développement personnel, mettant en exergue l’expérience acquise en tant que réflexologue, praticienne en énergétique et bain sonore.

Il incarne également ma blessure de rejet et mon insécurité physique par rapport aux standards de beauté, ainsi que mon espièglerie mais aussi mon empathie et ma grande sensibilité qui font de moi une artiste.

La maman de Sam

La maman de Sam illustre mon côté maternel: l’amour que j’éprouve pour mes enfants et la foi inébranlable que j’ai toujours eu en eux.

Mais elle symbolise aussi la Femme en moi: une femme plus ou moins soumise au début, qui finit par reprendre son pouvoir personnel à la fin en se reconnectant à sa lumière divine. Elle apprend à s’aimer et à écouter son cœur et se donne ainsi la chance d’un nouveau départ dans la vie.

Le papa de Sam

Le papa de Sam incarne mes blessures d’abandon et de trahison, à différents niveaux: que ce soit au niveau personnel, lorsque je n’écoutais pas mes propres besoins et désirs, ou familial et social, à travers ma relation aux hommes et à l’autorité.

Il illustre aussi toutes les fois où j’ai dû quitter les gens que j’aimais pour suivre mon ex-mari, mais également celles où je suis partie avant que l’on me quitte, par peur de souffrir.

Plus largement, il symbolise les schémas transgénérationnels que l’on hérite et reproduit, sans même en avoir conscience.

Enfin, je dirai que tous les personnages présentent au début de l’histoire un grand manque d’amour et d’estime de soi, qui me caractérisaient dans le passé, mais ont, comme moi, évolué au fil du temps, vers une plus grande compassion et compréhension d’eux-mêmes, aboutissant à l’acceptation et l’intégration de leurs parts d’ombre, l’incarnation de leur authenticité et un plus grand amour de soi.

Conclusion